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L’Himalaya est à couper le souffle, et pas seulement à cause de l’altitude. Faire une randonnée dans les Annapurnas (une chaîne de l’Himalaya), c’est s’enfoncer dans des paysages grandioses pendant plusieurs jours en s’éloignant à chaque pas un peu plus de l’agitation des villes.

La trace de l’homme est toujours visible notamment de par les nombreux moulins à prières qui ponctuent le chemin. Le paysage et la végétation évoluent au fur et à mesure, il en va de même pour l’architecture des villages. Tout commence en longeant une rivière couleur bleue verte dans un environnement finalement assez sec. Puis progressivement les montagnes autour de nous se couvrent de blanc et après avoir passé le col de Thorong-La, le point culminant du circuit, une vue imprenable sur les plateaux désertiques du district de Mustang s’offre à nous.

Malgré l’hostilité que peuvent représenter les montagnes, on n’est jamais vraiment seul, ce sont toutes sortes d’animaux que l’on rencontre comme par exemple des chèvres et à plus haute altitude des vautours, des chevaux, des yaks, des chiens (surtout des maître tibétains). Si vous avez de la chance, vous verrez peut-être des bécasses de l’Himalaya (ça ressemble un peu à un faisan). Pendant ces 11 jours on en prend plein la vue et plein les pattes.

Avant de partir - La préparation

L’organisation du trek dépend beaucoup de la période à laquelle il va être fait. En ce qui nous concerne, nous avons fait ce trek au mois de février. Cela présente quelques inconvénients : il fait froid (surtout la nuit) et il faut se renseigner à chaque étape sur les conditions météorologiques du lendemain. De plus, il y a un fort risque que le passage du col soit fermé s’il a neigé les jours précédents.

Cependant, avec ces conditions particulières, il y a beaucoup moins de monde sur le sentier et cela accentue cette agréable sensation d’isolement. Les villages sont très calmes et il n’y a aucun souci pour trouver de la place dans les auberges. Il est donc inutile de réserver l’hébergement à l’avance et dans la plupart des cas nous avons été hébergé gratuitement (à condition de prendre le dîner et le petit-déjeuner dans l’établissement où nous passions la nuit). Il n’y a aucune garantie que cela se passe de la même façon en saison haute.

  • Condition physique 

Le trek en soi n’est pas si difficile. Ce qu’il faut gérer, c’est le poids du sac à dos et l’altitude (il est possible d’engager un porteur). Il ne faut pas prendre le mal d’altitude à la légère, tout le monde vous en parlera, ça peut vous obliger à rebrousser chemin. Cela peut toucher un peu n’importe qui n’importe quand. Cependant, il est possible de prendre quelques précautions, le plus efficace étant de commencer la randonnée au plus bas pour s’habituer progressivement. Nous avons commencé à marcher à Bahundanda qui est à 1 270 m mais il est également possible d’aller en voiture jusqu’à Chame qui est à 2 670 m.

Certes cela vous fera gagner trois jours de marche mais vous raterez des paysages sublimes. De plus, votre corps sera mis beaucoup plus à l’épreuve car il n’aura pas le temps de s’habituer progressivement. Pour savoir si vous êtes pris du mal d’altitude pendant le trek, les premiers symptômes qui apparaissent sont de grosses migraines. La méthode la plus efficace est alors de redescendre à un village moins haut et d’y passer un peu de temps avant de reprendre la marche. Les villageois vous conseilleront également de manger de la soupe à l’ail. En revanche, si les symptômes sont plus fort et que vous en arrivez à vomir, le plus sage est de faire demi-tour.

  • Faut-il prendre un guide ?

Nous n’avons pas pris de guide car dans notre groupe il y avait deux Népalais. Je pense que nous aurions aussi pu réussir sans avoir quelqu’un parlant la langue locale avec nous. Mais cela était très utile pour demander aux paysans notre chemin lorsque nous n’étions plus très sûr d’être sur la bonne voie. Cela était utile également pour communiquer avec les aubergistes ou pour se renseigner sur les conditions météo. Comme nous étions en saison basse, à chaque étape il était important de nous renseigner sur le prochain lieu où nous allions passer la nuit le lendemain. Pour cela, il fallait appeler le lieu recommandé et les prévenir de notre arrivée. L’anglais n’étant pas de mise chez la plupart des villageois, être avec quelqu’un qui parle népalais est incontestablement un plus. Cela évite de tout organiser à l’avance.

  • Le permis

Avant de se lancer dans la randonnée il faut passer à Katmandou par le centre d’information des treks afin de récupérer un permis. Il y a probablement aussi un bureau à Pokhara. Cette étape est obligatoire d’une part pour que le gouvernement puisse s’assurer de la sécurité des randonneurs et d’autre part parce qu’il y a des check-points tout au long du circuit où il faut faire tamponner ce permis. C’est également l’occasion de récupérer des cartes utiles notamment si vous voulez savoir quelles sont les montagnes qui vous entourent. Le permis coûte environ 6000 roupies (soit un peu plus de 45€).

  • Le matos

Attention !! Tout ce que vous décidez d’emmener il faudra le porter !! En février avec le froid il est utile de prendre un sac de couchage. Les auberges fournissent des couvertures donc pas besoin de prendre un duvet de compétition mais quand même, surtout si vous dormez seul ça peut être salvateur. La température la plus basse qu’on ait relevé était -13°C au petit matin, alors on peut s’imaginer que c’est descendu bien plus bas durant la nuit.

On avait aussi des petits crampons (microspikes) et des guêtres, ce qui nous a été super utile pour le passage du col. Après il faut bien entendu tous les vêtements nécessaires pour se protéger du froid. Je pense qu’il est préférable d’emmener des vêtements qui sèchent vite et qui ne sentent pas trop (comme des grosses chaussettes de laines ou des sous-vêtements thermiques en mérinos).

En février il n’était pas possible de se doucher dans chaque auberge, soit qu’il n’y avait pas d’eau chaude, soit que les canalisations avaient gelées. Il n’y a pas besoin de transporter de nourriture, même pour le déjeuner vous trouverez facilement de quoi manger dans les villages intermédiaires entre vos étapes. Par contre il peut être utile d’emmener plusieurs snacks car les prix augmentent vite avec l’altitude. Pour tout ce qui est achat ou location de matériel il y a un vaste choix à Katmandou et à Pokhara.

  • Le budget

Le coût total de cette randonné (sans compter le permis) est d’environ 27 000 roupies par personne, soit un peu plus de 200 €. Tout en sachant que quasiment à chaque fois l’hébergement nous était proposé à titre gratuit. Nous nous sommes octroyé quelques petits plaisirs en buvant quelques bières lorsque cela était possible. À noter qu’il y a très peu de distributeurs sur le trajet, il faut donc prévoir l’argent nécessaire en cash et si possible en petites coupures car il peut être difficile pour les aubergistes ou les restaurateurs de rendre la monnaie sur de gros billets.

Avec la façon dont nous avons choisi de faire le circuit il nous a fallu 13 jours, dont 11 jours de marche pour parcourir près de 130km.

Jour 1 : départ de Katmandou tôt le matin. On avait loué un véhicule mais il est également possible d’aller jusqu’à Besisahar en bus. Dans ce village on a changé pour une voiture tout terrain qui nous a amené à Bahundanda où nous avons passé la nuit. Le trajet au total a coûté 3 000 roupies par personnes (à peu près 23 euros)

Jour 2 : on commence la randonnée ! Bahundanda (1270m) → Chyamche (1385m) : 14km.

Jour 3 : Chyamche (1385m) → Dharapani (1900m) : 13km.

Jour 4 : Dharapani (1900m) → Chame (2670m) : 15km. À Chame il est possible d’aller se relaxer dans des sources d’eau chaude pour un prix dérisoire (150 roupies).

Jour 5 : Chame (2670m) → Upper Pisang (3300m) : 14km. Upper Pisang est un magnifique village, typique des constructions en altitude, tout en pierres (alors que plus bas les maisons sont colorées).

Jour 6 : Upper Pisang (3300m) → Ngawal (un peu moins de 4000m) : 11km. On a choisi de s’arrêter à Ngawal car le mal d’altitude commençait à se faire sentir. Ainsi le lendemain on passerait la nuit suivante à une altitude plus basse (à Manang). De plus au-dessus du village en montant de grands escaliers il est possible d’aller voir d’anciennes tombes dans lesquelles les villageois se cachaient pendant la guerre civile.

Jour 7 : Ngawal → Manang (3540m) : 9,2km. Manang est le dernier gros village avant le col où il est possible de faire des achats (de nourriture, d’équipement, etc). En traversant la rivière il est possible de faire une petite promenade autour d’un lac (gelé en février).

Jour 8 : Manang (3540m) → Letdar (4200m) : 11km. Sur le chemin on passe par Yak Kharka, plus qu’un village c’est rassemblement de 2/3 auberges mais c’est aussi le point de bifurcation pour ceux qui veulent aller au lac de Tilicho (en février l’accès était fermé).

Jour 9 : Letdar (4200m) → Thorong-La High Camp (4850m) : 6km. La montée jusqu’au High Camp est courte mais éprouvante. Tous les randonneurs mangent ensembles et en général on se met d’accord pour partir tous ensemble le lendemain. C’est là qu’on a eu la chance de voir les bécasses de l’Himalaya.

Jour 10 : Thorong-La High Camp (4850m) → Muktinath (3800m) : 13km. C’est le grand jour, celui où on passe le col ! Le col de Thorong-La est à 5416m, il ne vaut mieux pas s’y attarder trop longtemps au risque de chopper un gros mal de tête. La redescente jusqu’à Muktinath est abrupte mais offre une vue incroyable sur les plateaux de Mustang. Arriver à Muktinath c’est un peu comme retrouver la civilisation, c’est une relativement grosse ville par rapport aux villages traversé pendant la rando. C’est également un lieu de pèlerinage, il est possible de visiter le sanctuaire aux 108 sources et la statue d’un grand bouddha.

Jour 11 : Muktinath (3800m) → Kagbeni (2830m) : 11km. Kagbeni est un village médiéval, les constructions de la vieille ville sont en paille/terre/pierre, ça forme des petites ruelles sinueuses. En traversant la rivière il est possible d’accéder à d’anciennes tombes troglodytes, ce qui donne une vue sympa sur le village.

Jour 12 : Kagbeni (2830m) → Jomson (2720m) : 9,5km. Dernier jour de marche, il est possible de suivre la route ou de longer la rivière. À Jomson il y a un aéroport (mais qui peut être fermé si le temps n’est pas au rendez- vous).

Jour 13 : De Jomson on prend un bus pour rejoindre Pokhara (820m). Le trajet nous prend une grosse partie de la journée.


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